Ah Dieu, j'en ai ma claque de ce bel abruti ruminant ses émotions sous sa maitrise habile de la langue française. Quand arrêtera-t-il de vouloir bousculer vainement les convenances en voulant être et ne pas être. Loin de ma terre j'idéalise, cet esprit avec lequel je rivalise, en vain. Maintenant qu'il disparaîtra de ma vie je ne me souviendrai, et hélas, que de cet air non-chalant et et de ces yeux bleus si expressifs et insaisissables que j'ai croisé maintes fois sans y payer la moindre attention. J'aimerai tant les contempler, puis les voir m'habiller, mais quel égoïste fais-je donc? Ces yeux là n'ont pas de prix. Il est fort à parier que je surrestime ma vue et mes capacités d'observations, comble de mes élans photographiques. Alors je me demande ce qu'il reste, du corps ou de l'esprit, en tout cas il semble bien qu'en dehors de son enveloppe charnelle je me souvienne de ce parfait inconnu que j'imagine être de loin un alter-ego. Et pourquoi, car la vie est si mal faite, le garderai-je dans un coin de mon esprit, bien loin et un peu racorni, avec cet impression que c'est un demi-dieu échappé de son firmament, jouant avec l'ironie de sa vie comme l'on tire à pile ou face. Piètre adversaire lui ferai-je, il n'aura qu'à m'éviter avec son air satisfait, encore une fois. Pourtant il me semble bien que lui aussi chancèle sous son insatisfaction et ses doutes qui lui transpercent l'esprit à longueur de journée comme un condamné attendant sa sentence se dessiner sur des lèvres déséchées d'une quelconque humanité. Il se sous-estime surement. Sa pauvre litanie oserai-je à peine la lire car sous les lierres de la différence je crois y voir mon reflet. Tu ne seras jamais mien mais près de ma tête et loin de mon coeur je te garderai, en guise d'inspirateur.
Ode au bel inconnu
ps: Photo non contractuelle. Suggestion de présentation.